mercredi 27 juin 2007
pétage de plomb - et de planches
Plus j'approche des vacances et moins j'encaisse la fatigue et le stress (les euros, je continue à encaisser). Je n'ai plus que quelques jours à tenir. Qu'ils sont pénibles, ces jours. Il faut tout boucler avant de partir pour ne rien laisser en plan. Je suis à peu près dans les plaques, je dis bien à peu près, ce n'est pas suffisant et certainement pas satisfaisant. Même avec la meilleure volonté du monde, ce n'est pas possible d'en faire plus. Je sature. Je suis à bloc.
STOOOOOOOOOOOOOOOOOOOP !
J'ai besoin de faire un break.
J'ai besoin de faire un stage de taekwondo.
J'ai besoin de passer des heures à bouquiner. A écrire. A dessiner. Aller au musée Guimet et faire le plein d'art asiatique. Respirer.
J'ai besoin de me lancer de nouveaux défis. Non. J'ai envie de me lancer de nouveaux défis. La nuance est importante.
J'ai envoyé un mail à Emile Bravo parce que son dernier album avec Jean Régnaut m'a fait sourire, rire, foutu les boules, émue et touchée. Du génie, en toute simplicité. Il m'a répondu, ce sont trois lignes qui comptent, qui me donnent envie d'avancer. Parce que je crois qu'il serait le genre de personne à me dire que je dois m'en donner les moyens. Je m'inscris à un cours de dessin à la rentrée pour acquérir ce qui me manque, un peu de technique pour équilibrer l'intuition, conforter l'oeil, assurer le coup de pinceau.
Charlie m'a invitée à une dédicace ce soir mais j'avais des planches à casser. Je ne peux pas tout faire, et les planches étaient une priorité. Je pense que Charlie est le genre de personne qui peut comprendre ça. Car ça n'enlève rien à son talent et à son humour, qu'une semi-fan soit absente ce soir. Ca me fait plaisir de figurer sur sa liste. Après tout.
La confiance est revenue : j'ai cassé mes planches, même si c'était facile.
Peut-être parce que je portais des chaussettes roses, aujourd'hui.
Peut-être parce que j'avais besoin de me prouver que j'avais ma place, une parmi eux.
lundi 25 juin 2007
W touch
Tout d'abord, W.
A la correspondance du TGV qui m'emmenait à Saint Malo pour une journée professionnelle sous le signe du livre jeunesse, je l'ai remarqué, tout en noir, avec son sac branché hors de prix bleu. Look typique d'architecte J'ai mis mes lunettes de vacances et il a souri. M'a souri ?
A Saint Malo, tant de gens intéressants ascendant passionnants !
Revu un illustrateur que j'adore, I love Pomelo, Pomelo forever.
Ai rencontré un tandem auteur-illustrateur mythique et sympathique, nous nous reverrons cet automne chez l'oiseau parisien.
Ai observé de loin W, car il s'appelle W, il est graphiste - d'où cette apparence, proche de l'architecte. Ce prénom est récurrent dans ma vie depuis maintenant environ un mois, il est pourtant rarement porté dans notre bonne vieille contrée.
Les caractéristiques du W semblent être
un calme olympien,
une classe certaine,
du professionnalisme,
une hésitation dans la distance,
une tendance à comater dans les transports en commun.
Le jeu du chat et de la souris : il approchait sans s'approcher, laissait une place où je pouvais m'installer.
1ère approche.
Ne sais pas si nous nous rencontrerons de nouveau.
Il sait où je travaille. Je pense qu'il ne viendra pas. Ce n'est pas notre discussion aussi brève que professionnelle qui le fera revenir. Ou bien je n'ai toujours rien compris.
Pourquoi suis-je incapable d'être moi-même face à un homme qui me trouble ?
Réconfort : Lululu était à mes côtés, m'a aidée, m'a comprise, parce que la timidité, elle sait ce que c'est. Elle n'est pas fan de Pomelo pour rien.
vendredi 22 juin 2007
cette chanson-là - Sarah Dessen
[...]
- Je sais pourquoi tu dis ça, répondit-il enfin, mais tu rates quelque chose. Tu sais, quand ça marche, l'amour est un truc fabuleux. Pour de vrai. Ce n'est pas pour rien qu'il y a toutes ces chansons.
Je baissais la tête et examinai mes mains.
- Ce ne sont que des chansons. Ca ne veut rien dire.
Je ressentis soudain cette sensation étrange, quand on sait que le plus dur est passé, qu'il ne reste plus qu'à échanger quelques plaisanteries, que le tour est joué.
[...]
Il se pencha, ma main toujours dans la sienne, et m'embrassa sur le front. Fermant les yeux, je pris de lui tout ce que j'avais appris à aimer : son odeur, ses hanches étroites, la douceur de sa peau contre la mienne. Tant de choses en si peu de temps.
- On se reverra, ajouta-t-il en se détachant. D'acc ?
Je hochai la tête.
Il serra ma main une dernière fois, puis la relâcha et et traversa la pelouse. Ses pas laissèrent de nouvelles traces dans l'herbe humide : celles de tout à l'heure avaient déjà disparu, résorbées. Comme si rien ne s'était passé.
Je rentrai, gagnai ma chambre, enfilai un short et un t-shirt et plongeai sous les draps. Ce sentiment, je le connaissais par coeur. J'en avais presque fait un concept : la solitude du petit matin. Les heures qui suivent une rupture sont les pires. Le monde paraît immense quand on se retrouve à l'arpenter seul.
jeudi 14 juin 2007
lundi 11 juin 2007
Concentration
Au taekwondo, la répétition d'un même mouvement visant à une efficacité maximum et une qualité d'exécution optimum recquièrent une concentration salvatrice. Un enchaînement de mouvements où il faut comprendre comment coordonner ses bras, ses jambes, l'ensemble de son corps me vide la tête.
Ca me procure un équilibre et un bien-être d'une profondeur que certaines personnes ont du mal à percevoir.
Je sais que c'est difficile à comprendre lorsqu'on n'a jamais pratiqué ce genre d'activité.
Pourtant les parallèles ne sont pas difficiles à faire.
Je n'ai pas réussi à casser mes deux planches à la démonstration hier.
Un Quidam m'a demandé : "Mais c'est si grave que ça que tu n'aies pas réussi ?"
Qu'il s'imagine qu'il a planté un solo de guitare qu'il avait répété pendant deux ans le jour d'un concert avec une assistance d'une centaine de personnes.
Ca me flingue (d'avoir râté ma casse, mais surtout son absence d'empathie).
Ce soir le cafard est passé, la satisfaction d'un bon entraînement valant largement de tièdes nocturnes.
Prendre son temps est une bonne chose, ne pas le perdre est un impératif.
Certaines rencontres sont de faux évènements.
connectivité limitée ou inexistante
Rester dans le flou m'arrangeait. Ne pas parler de "nous" parce qu'au moment où un "nous" est prononcé, on voit bien, justement, qu'il n'existait pas, ce "nous".
Si on dit "nous", ce "nous" éclate comme une bulle de savon. Parce que deux solitudes côte à côte ne sont pas synonyme de compatibilité. Alors à quoi bon continuer si on ne se laisse pas la possibilité d'être surpris ? Si on dit que "nous" n'est pas satisfaisant à court terme, comment tabler sur un "nous" satisfaisant à moyen terme ? Dead end.
Comme j'ai décidé, depuis le pilote, de ne plus foncer dans les murs, j'ai haussé les épaules : "Ca va, si tu ne ressens rien, on arrête là." Parce que ce n'était pas possible de dire "arrêtons-nous là", la bulle avait déjà éclaté.
Pas de regret, mais une lassitude certaine.
Lundi triste et bleu.
Mardi aura meilleure mine.
vendredi 8 juin 2007
Au jour le jour
Et ses mains. C'est si important, les mains. J'aime beaucoup ses mains.
Réapprendre à aller vers l'autre.
Compliqué, difficile.
Il faut du temps.
Tant de temps.
L'étendue des dégâts est considérable, je suis effarée.
Comme le cerveau qui apprend à faire de nouvelles connexions neuronales après un grave accident, j'essaie de trouver de nouveaux chemins.
De la patience.
Faire confiance. Ca, ça fout la trouille.
Mais je me sens bien. Apaisée. Malgré tout.
La grisaille n'est que dans le ciel ce matin.
mardi 5 juin 2007
nocturne
Il est essoufflé, il a marché vite (pour me rejoindre). Il porte un tee-shirt rayé (moi et ma passion des rayures, ça me perdra). Il est là, dans la lumière (des lampadaires).
Effet persistant : quelque chose dans sa façon de parler me fait baisser la garde.
Je lui ai demandé, plus tard, si à bientôt trente ans on est trop vieux pour se tenir par la main dans la rue. Il reste une croyance certaine ? Je n'ai pas compris.
Le silence entre les mots me rassure et m'angoisse.
Mais surtout, oui, surtout, prendre son temps.
samedi 2 juin 2007
Ce n'est pas "ne me quitte pas" même si le piano peut y faire penser
Regarde, il gèle
Là sous mes yeux
Des stalactites de rêves
Trop vieux
Toutes ces promesses
Qui s’évaporent
Vers d’autres ciels
Vers d’autres ports
Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort, ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange, mon ange
De mille saveurs
Une seule me touche
Lorsque tes lèvres
Effleurent ma bouche
De tous ces vents,
Un seul me porte
Lorsque ton ombre
Passe ma porte
Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort, ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange, mon ange
Prends mes soupirs
Donne moi des larmes
A trop mourir
On pose les armes
Respire encore
Mon doux mensonge
Que sur ton souffle
Le temps s’allonge
Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort, ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange, mon ange
Seuls sur nos cendres
En équilibre
Mes poumons pleurent
Mon cœur est libre
Ta voix s’efface
De mes pensées
J’apprivoiserai
Ma liberté
Et mes rêves s’accrochent à tes phalanges
Je t’aime trop fort, ça te dérange
Et mes rêves se brisent sur tes phalanges
Je t’aime trop fort
Mon ange, mon ange