- Je suis sérieuse, dis-je en secouant la tête. Ca ne peut pas être autrement. Je suis désolée, j'aurais dû te prévenir depuis le début. Je te laisserai tomber.
[...]
- Je sais pourquoi tu dis ça, répondit-il enfin, mais tu rates quelque chose. Tu sais, quand ça marche, l'amour est un truc fabuleux. Pour de vrai. Ce n'est pas pour rien qu'il y a toutes ces chansons.
Je baissais la tête et examinai mes mains.
- Ce ne sont que des chansons. Ca ne veut rien dire.
Je ressentis soudain cette sensation étrange, quand on sait que le plus dur est passé, qu'il ne reste plus qu'à échanger quelques plaisanteries, que le tour est joué.
[...]
Il se pencha, ma main toujours dans la sienne, et m'embrassa sur le front. Fermant les yeux, je pris de lui tout ce que j'avais appris à aimer : son odeur, ses hanches étroites, la douceur de sa peau contre la mienne. Tant de choses en si peu de temps.
- On se reverra, ajouta-t-il en se détachant. D'acc ?
Je hochai la tête.
Il serra ma main une dernière fois, puis la relâcha et et traversa la pelouse. Ses pas laissèrent de nouvelles traces dans l'herbe humide : celles de tout à l'heure avaient déjà disparu, résorbées. Comme si rien ne s'était passé.
Je rentrai, gagnai ma chambre, enfilai un short et un t-shirt et plongeai sous les draps. Ce sentiment, je le connaissais par coeur. J'en avais presque fait un concept : la solitude du petit matin. Les heures qui suivent une rupture sont les pires. Le monde paraît immense quand on se retrouve à l'arpenter seul.
vendredi 22 juin 2007
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